Les faits

En 1888, la ville de Londres, une des plus grandes métropoles mondiales et centre d'un empire colonial conséquent, se trouve complétement bouleversée par des événements sordides. En effet, un tueur en série particulièrement sanguinaire hante le quartier de Whitechappel à l'est de Londres.

En l'espace de quelques mois, il aura mis "l'establishment" et le flegme britannique dans tous ses états. Auteur de cinq crimes terrifiants sur des prostituées, il donnera des sueurs froides à tous les habitants de Londres et de Grande-Bretagne.

Le fait troublant dans cette histoire n'est pas le nombre de ses victimes, peu élevé en comparaison de tueurs tels que Bundy, Lucas ou Dahmer, mais que les crimes aient cessé aussi subitement qu'ils étaient apparus, sans que la police puisse mettre la main sur le criminel, malgré les impressionnants efforts déployés (contrairement à ce qui avait été publié à l'époque).

Ses crimes pousseront même le gouvernement à prendre des mesures drastiques en ce qui concerne la sécurité des habitants de la capitale. De plus, ils eurent vocation de soulever un vent de protestation contre la monarchie et l'ordre établi. Ce qui, bien entendu, arrangea bon nombre de partis politiques et autres pseudos anarchistes.

L'identité inconnue du meurtrier, le climat d'insécurité, la bataille rangée de la presse et les mouvements de tous bords feront naître de nombreuses hypothèses sur son identité, et les histoires les plus folles iront jusqu'à incriminer la royauté. Mais il s'avère que la vérité pourrait être beaucoup plus simple que l'on ne le croit.

Depuis plus d'un siècle, un nombre non négligeable de romanciers, de chercheurs en tous genres, d'ex-policiers et que sais-je, se sont mis en quête de découvrir l'identité du tueur. Chacun y allant de sa petite théorie, sans pour autant nous apporter des preuves tangibles ou irréfutables.

C'est ce qui fera aussi la popularité de Jack l'éventreur...!

Mais revenons sur les faits en détail :

31 août 1888, Le corps de Mary Ann Nicolls, dite Polly, est découvert sur Buck's Row vers 3h45 du matin par deux charetiers (Charles Cross et Robert Paul) se rendant au travail. Les mains étaient encore tièdes d'après le témoignage de Charles Cross. Afin de ne pas arriver en retard, les deux charetiers décident de continuer leur route et d'avertir le premier policier en faction, tout en ayant, au préalable, abaissé la jupe relevée de la victime, pour plus de décence. Au même moment, le policier John Neil arrive sur les lieux du crime et avertit son PC, qui envoie sur le champs le Dr. Llewellyn. Le médecin déclare officiellement vers 4h le décès de la victime. Mary Ann Nicolls a été violemment égorgée jusqu'aux vertebres et plusieurs lascerations profondes ont été constatées au niveau de l'abdomen. A 7h du matin, l'inspecteur Joseph Helston est officiellement chargé de l'affaire et se rend à la morgue pour les premières constatations. Le 3 septembre l'inspecteur Aberline et le sergent Enright de Scotland Yard sont également chargés de l'enquête, suite à la médiatisation du meurtre par la presse. Pas ou peu d'indices sont trouvé sur le corps, ou aux alentours de la scène de crime.

8 septembre 1888, le corps d'Annie Chapman est découvert à 6h du matin par Carl Davis, charetier et habitant du 29 Handbury Street. Le corps git dans la cour d'entrée de l'édifice. Davis se rend directement au commissariat de Commercial Street. Le Dr. George Bagster Philips arrive sur les lieux du crime à 6h30 et déclare officiellement le décès après un rapide examen de la dépouille. Comme dans le cas de Nicolls, la victime a été violemment égorgée, puis éventrée. Les intestins ont été sortis de la cavité abdominale et déposés sur l'épaule droite. L'uterus a été prélevé de manière nette et chirugicale, sans endommager les autres organes. Le corps présente également de nombreuses mutilations. Pour les policiers et la presse, il ne fait aucun doute que les deux meurtres sont liés. Les indicies sont maigres, seul un morceau de tablier de cuir est retrouvé près de la victime.

Le 27 septembre 1888 la Central News Agency reçoit une lettre à l'encre rouge revendiquant le meurtre de Chapman. Elle est signée "Jack the Ripper" à savoir Jack l'éventreur. La police pense d'abord à un autre canulard, avant de se pencher sur un détail de la lettre mentionnant qu'il coupera les oreilles de sa prochaine victime et les enverra à la police pour le fun. Ce détail insignifiant au demeurant, ressurgira lors du meurtre d'Eddows qui eut le lobe de l'oreille coupé. Ce détail ne fut jamais divulgé dans les médias, mais par contre il apparaissait dans le rapport du coroner. Tant est si bien, que la police décide d'autoriser la parution de cette lettre dans les médias en espérant qu'un temoin puisse en reconnaitre l'écriture.

30 septembre 1888, le corps d'Elizabeth Stride, dite Long Liz, est découvert par Louis Diemschutz, ouvrier, sur Dutfield's Yard vers 1h du matin. Diemschutz ajouta qu'il trouva le cadavre un peu par hasard, lorsque son cheval refusa d'entrer dans la cour. Il crut d'abord avoir à faire à un ivrogne dormant dans la cour, jusqu'à qu'il reconnaisse le corps d'une femme morte. Il avisa immédiatement le constable Henry Lamb patrouillant dans les alentours, qui lui-même se chargea d'alerter l'inspecteur Reid. Le Dr. Blackwell déclara officiellement le décès à 1h15. L'autopsie fut réalisée par les Dr. Philips et Blackwell. Stride fut égorgée comme les deux victimes précédentes. Par contre, aucune trace de lascérations au niveau de l'abdomen. Il est fort probable que le tueur fut dérangé par l'arrivée de Diemschutz et qu'il s'agit sans aucun doute du même individu que dans les cas de Nicolls et Chapman. La police, consciente qu'elle a certainement manqué de peu l'assassin, s'attèle à une vaste opération de recherche dans les environs. Toutes les personnes présentes aux alentours sont interrogées, les abords sont fouillés minutieusement et tous les habitants proches du lieu du crime sont entendus. Le résultat est décourageant : des descriptions diverses d'un homme présent peu avant le crime, pas d'indices et personne n'a rien entendu...!

Ce même 30 septembre 1888, le corps de Catherine Eddows est découvert à quelques rues sur Mitre Square par le policier Edward Watkins vers 1h45. Le Dr. Frederick Gordon Brown déclare officiellement le décès à 2h du matin. Mêmes constatations que sur le corps d'Annie Chapman. La gorge est ouverte très profondément, les intestins ont été retirés et placés sur l'épaule droite de la victime, et des organes ont été prélevés de manière chirurgicale. De plus de nombreuses mutilations apparaissent sur le visage de Catherine Eddows. Les inspecteurs Collard et Halse envoient leurs hommes aux alentours de la scène de crime afin de récolter indices et témoignages. A quelques rues de Mitre Square, un policier découvre un morceau de tablier et une inscription à la craie sur un mur de Goulston Street : " Les juifs sont les hommes qui ne seront pas blamés pour rien". Le major Smith, par crainte d'emmeutes raciales ordonna d'effacer sur le champs cette inscription, après l'avoir préalablement photographiée. Le morceau de tablier appartient à la victime. Seuls les témoignages de trois personnes sortant d'un club un quart d'heure avant le meurtre pourraient apporter de l'eau au moulin. Effectivement ils se souviennent avoir aperçu une femme refuser les avances d'un homme, qu'ils signalent assez grand avec un manteau sombre, une casquette grise, et portant une moustache.

Le 1er octobre 1888, une nouvelle lettre signé "Saucy Jack" est reçue par la même Central News Agency. L'écriture est similaire à la première et revendique le double meurtre de Stride et d'Eddows. La police décide d'en tenir compte.

Le 16 octobre 1888, George Lusk, président du commité de vigilance de Whitechapel reçoit un colis avec une lettre intitulée : "From Hell" (de l'enfer) et signé :"Catch me if you can" (Attrape moi si tu peux). Le colis contient la moitié d'un rein et la lettre informe qu'il s'agit de celui de la dernière victime (Eddows). L'autre moitié aurait été cuisinée et mangée par l'expéditeur. Nul doute qu'il s'agit à nouveau de Jack. Le Dr. Openshaw ne pourra certifié qu'il s'agit bien du rein d'Eddows, mais qu'il présente des similitudes.

Le 9 novembre 1888, le corps mutilé de Marie-Jane Kelly est aperçu à travers la vitre brisée de son appartement de Miller's Court, vers 10h45 du matin par Thomas Bowyer, chargé de récolter les loyers impayés de la victime. Il en informe tout de suite son patron Mc. Carthy, qui se rend au commissariat de Commercial Street. L'inspecteur Walter Beck et Mc. Carthy retournent au domicile de la victime et attendent le superintendant Thomas Arnold qui arrive près d'une heure plus tard.  Ensemble, ils forcent l'entrée du domicile de la victime et découvrent une véritable boucherie. Le visage est méconnaissable, les viscères ont été retirés, le coeur est introuvable, des lambeaux de chairs sont éparpillés et le corps est horriblement mutilé. Les Dr. Bond et Philips officialisent le dècès à 13h30. Même s'il ne fait aucun doute que le tueur s'est à nouveau mis en service, les policiers sont quand même sceptiques quand au modus operandi. Le tueur n'avait jamais frappé dans un appartement et ne s'était jamais acharné au point de démembrer le corps. Cela dit, les doutes s'estompent très vite et le sentiment de montée en puissance dans l'abomination l'emporte. On n'ose imaginer la suite des événements....! Une fois de plus, les indices sont inexistants et personne n'a rien vu, ni entendu.

D'autres lettre suivront après ce dernier meurtre, mais aucunes d'entre elles ne semblent présenter des intérêts quelconques, car Jack ne s'est plus manifesté après cette dernière horreur. Certes quelques crimes ont été commis dans le quartier de Whitechapel, mais aucun présentant le même mode opératoire ou le même profil de victimes. Que s'est-il passé pour que le tueur cesse aussi subitement ses crimes ? Est-il mort ? S'est-il volatilisé ? S'est-il fait interné ? ou a-t-il terminé son travail ? Personne ne le sait. 

Ainsi s'achève la terrible chevauchée de Jack l'éventreur. La police continuera à enquêter jusqu'en 1896, date à laquelle elle classera le dossier, faute de coupables. Bien sûr de nombreuses pistes et suspects seront suivis, mais aucune preuve irréfutable n'aura pu être fournie quant à l'identité de l'assassin.

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